Montaigne

Conseil de lecture : « En bonne santé avec Montaigne » par Michel Lejoyeux

Dans le cadre des accompagnements NBH TRANSITIONS « cohésion d’équipe », nous sommes attentifs à la prévention des risques psycho-sociaux. Il n’est pas rare que soit posée la question : « Quelle différence entre la tristesse et la dépression ? »

Pour répondre, nous allons nous appuyer, pour une bonne part, sur l’expérience de Michel Lejoyeux, professeur de psychiatrie qui a écrit un ouvrage que NBH TRANSITIONS recommande à ses Clients : « En bonne santé avec Montaigne » aux éditions Robert Laffont.

Dans cet ouvrage facile à lire, Michel Lejoyeux nous propose de nous replonger, avec son aide et sa pédagogie de médecin, dans « Les essais » de Montaigne. Il met en parallèle nombreuses de nos préoccupations modernes et les remèdes proposés au 16ème siècle.

Nous aborderons ici uniquement la partie consacrée à la Tristesse (au chapitre « Montaigne à l’âge adulte ») et nous y avons mêlé le fruit de notre expérience de terrain en conseil et formation pour tenter de répondre à la question.  

Montaigne

Différence entre Tristesse et Dépression ?

  • « Un accès de tristesse n’a rien d’inquiétant, alors qu’une humeur triste permanente peut indiquer la présence d’une dépression ».

La tristesse est une émotion plus ou moins intense. Elle peut arriver de manière imprévisible, déclenchée par une crise ou un évènement imprévu. C’est une alarme envoyée par notre cerveau pour nous permettre de nous adapter à un changement, une perte. Elle indique une transition en cours à laquelle il va falloir s’adapter, il va probablement falloir faire le deuil de quelque chose, de quelqu’un, d’une relation, etc.  Selon les circonstances et notre personnalité, nous pouvons alors avoir besoin d’être seul, de nous reposer, de marcher en pleine nature, de trouver du réconfort et de l’écoute, etc.  Mais « la tristesse est un mouvement de l’esprit qui finit par passer … alors que le chagrin dépressif dépasse nos ressources et nous laisse véritablement sans défenses ».

  • La dépression est une maladie qui doit être « reconnue et traitée ».

La dépression met en danger la vie amicale, amoureuse et professionnelle. Un cerveau triste réagit, s’adapte, combat une peine qu’il peut apprendre à supporter. En revanche, un cerveau dépressif ne peut pas se sortir seul de l’épreuve, il a besoin d’aide professionnelle, de soins. La dépression est « une maladie du corps et de l’esprit qui peut foudroyer celles et ceux qui en sont atteints ». La dépression est nourrie par un chagrin si intense qu’il en devient muet. Les mots même deviennent impuissants à exprimer la détresse, le désarroi, la douleur.

  • « L’émotion triste et la dépression en tant que maladie ne s’abordent pas donc pas avec les mêmes armes. »

Les médicaments antidépresseurs peuvent vraiment aider celles et ceux qui sont atteints d’un chagrin qui les brise et les fige dans la douleur. Les causes de la dépression sont multiples et parfois difficiles à établir. Toutefois, il est possible d’observer que l’accumulation des épreuves, des coups du destin épuisent les réserves émotionnelles qui ne sont pas sans fond.

  • « La juste analyse de Montaigne face à la détresse dépressive est précieuse pour celles et ceux qui en souffrent. Elle permet, en accord avec les recommandations médicales les plus récentes :

D’accepter de regarder la dépression pour ce qu’elle est : une rupture de l’envie, de la confiance en soi et de la résistance face à une accumulation de contraintes, pertes ou frustrations ;

De ne pas prendre le dernier évènement contrariant pour la racine de la dépression alors qu’il n’a pu être qu’un catalyseur ;

De comprendre la dépression comme une maladie, un désordre du corps et de l’esprit, et de la traiter en agissant en même temps sur la biologie et sur les modes de pensée ;

De s’interdire, comme le fait Montaigne, parce qu’elles sont au mieux inutiles et au pire agressives, les fausses bonnes paroles d’encouragement, les explications simplistes, les tapes dans le dos ou les « remontades amicales de moral ».

Comment congédier la tristesse pour retrouver de l'énergie ?

Comme le dit André Comte Sponville, un autre philosophe passionné par les écrits de Montaigne, « Il s’agit d’espérer et de regretter un peu moins, d’agir et aimer un peu plus ».

Bien entendu, nous détaillons tout cela dans nos accompagnements individuels et collectifs.

Les pistes sont nombreuses et nous les adaptons à nos Clients pour qu’ils retrouvent l’énergie qui leur est nécessaire à leur poste et dans leurs responsabilités professionnelles.

Retour en haut